Le Sénégal a décidé d’accorder un important allègement aux opérateurs économiques maliens. Pour une durée de trois mois, le Port autonome de Dakar suspend les frais de surestaries et de stockage applicables aux conteneurs destinés au Mali. Une mesure exceptionnelle prise dans un contexte régional tendu et destinée à éviter une saturation des installations portuaires.
Selon le Directeur général (Dg) du Port de Dakar, Waly Diouf Bodian, cette décision intervient alors que le Mali traverse une crise de carburant aggravée par un blocus imposé par des groupes armés sur certains axes stratégiques. Résultat : près de 2 500 conteneurs destinés au Mali sont actuellement immobilisés au port.
« Nous avons pris cette décision à l’issue d’une séance de travail entre la Chambre de commerce de Dakar et une délégation de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali », a expliqué le Dg. L’objectif : soutenir un pays voisin et partenaire, tout en évitant une congestion logistique majeure.
Cette suspension intervient également au lendemain de la visite au Sénégal de la ministre malienne des Transports et des Infrastructures. La rencontre avait permis de faire le point sur la fluidité des opérations logistiques, la continuité des approvisionnements et la coopération entre les deux pays en matière de transit portuaire.
Le Mali figure parmi les partenaires économiques les plus importants du Sénégal. En 2024, les exportations sénégalaises vers le Mali ont atteint 802,8 milliards FCFA, en hausse de 8,6 % par rapport à 2023. Le pays représente 55 % des exportations africaines du Sénégal et 21 % de ses exportations totales.
Les produits acheminés vers le Mali incluent principalement :les produits pétroliers finis, le ciment hydraulique (dont le Mali absorbe près de 80 % des exportations), les conserves de poisson, les préparations alimentaires, divers biens manufacturés.
Cette décision devrait contribuer à désengorger le port, faciliter le transit des marchandises et maintenir la dynamique commerciale entre les deux pays, à un moment où les chaînes d’approvisionnement régionales sont sous pression.
Sébastien YAO
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