Par
la musique et le football, les peuples se racontent. Par l’émotion, ils
conquièrent. Et si la prochaine grande puissance culturelle venait d’Abidjan ?
"De la même manière que la Chine a colonisé le
monde à travers ses films de karaté avant de passer à l’étape scientifique,
économique et technologique actuelle, nous Ivoiriens allons faire la même chose
avec la paire foot et musique."
Cette phrase, à la fois visionnaire et prophétique,
pourrait passer pour un simple cri d’ambition. Mais pour qui observe de près
les mutations du monde, elle sonne comme une vérité en marche. Car oui,
l’influence ne se décrète pas : elle se construit. Elle se rêve, puis elle s’incarne.
Et aujourd’hui, la Côte d’Ivoire possède dans ses mains deux joyaux capables
d’ouvrir les portes du monde : le football et la musique.
Alpha Blondy, Magic System, Didier Drogba, Franck
Kessié, feu DJ Arafat: des voix de
l’Ivoire
Il fut un temps où le nom de la Côte d’Ivoire rimait
avec instabilité et incertitude. Mais ce temps est révolu. Désormais, lorsqu’un
étranger pense à ce pays d’Afrique de l’Ouest, il entend les refrains
planétaires de Magic System, les cris de paix d’Alpha Blondy, ou les rythmes
énergiques d’un Didi B. ou d’un Himra en plein essor.
Il revoit aussi les gestes précis de Didier Drogba
ou DD (Dieu Donné), de Franck Kessié, capitaine silencieux mais redoutable,
évoluant parmi les plus grands clubs d’Europe et du monde, ou les actions
décisives de Seko Fofana, de Sébastien Haller, dignes héritiers de Drogba et
des frères Touré Yaya et Kolo. Ces visages, ces sons, ces exploits... forment
le visage lumineux d’un pays qui, sans bruit, est en train de prendre position
dans l’imaginaire mondial.
Le
soft power ivoirien s’éveille
Le monde ne s’est pas mis à aimer la Chine pour ses
usines, mais pour ses films. Pas à admirer la Corée du Sud pour ses
semi-conducteurs, mais d’abord pour ses dramas, sa K-pop, ses footballeurs.
L’émotion précède toujours l’adhésion.
De la même manière, la Côte d’Ivoire dispose d’une
force tranquille : la capacité de faire vibrer. Vibrer les cœurs, les corps,
les foules. Que ce soit dans un stade bouillant lors d’une finale de CAN ou
dans une ruelle animée d’Abobo au son d’un beat enflammé, l’énergie ivoirienne
est contagieuse. Et cette énergie, elle voyage.
Le FEMUA, festival citoyen et musical initié par
Magic System, est devenu un phare culturel sur le continent. Là où les
gouvernements échouent parfois à rapprocher les peuples, la musique y parvient,
en rassemblant Bamako, Conakry, Libreville et Paris autour d’un même tempo.
Fusionner
les forces, écrire l’Histoire
Il est temps que les artistes et les footballeurs
ivoiriens unissent leurs forces pour évoluer ensemble dans une dynamique
commune. L’enjeu n’est plus simplement de divertir ou de gagner des titres. Il
s’agit de bâtir un récit collectif. Une épopée moderne dans laquelle un Himra
collaborerait avec un Kessié pour une campagne mondiale de sensibilisation. Où
les concerts d’Abidjan serviraient d’ouverture aux matchs des Éléphants. Où
chaque star, qu’elle porte un micro ou un maillot, s’inscrirait dans une
diplomatie populaire.
Car l’influence ne réside plus seulement dans les
ambassades. Elle se joue aussi sur YouTube, Spotify, Canal+, TikTok, RFI et
dans les stades d’Istanbul, de Johannesburg ou de Tokyo. Le monde veut entendre
des voix nouvelles. Il veut des émotions vraies, des talents bruts. La Côte
d’Ivoire en regorge.
Et
après la scène, les idées
Une fois que le monde aura dansé sur nos sons et
vibré pour nos buts, il écoutera nos idées. Il s’intéressera à nos penseurs,
nos ingénieurs, nos innovations. L’influence culturelle pave toujours la voie à
l’influence économique, technologique, voire géopolitique.
Ce que la Chine a fait en trois étapes — émotion,
production, domination — la Côte d’Ivoire peut le faire à sa manière. Avec
sincérité. Avec talent. Avec fierté.
Une
conquête douce, mais implacable
La conquête ivoirienne ne se fera pas à coups de sabres,
mais de micros et de ballons. Et c’est cette conquête-là que le monde attend.
Une Afrique qui s’impose sans crier, qui émeut avant de convaincre, qui fait
rêver avant de négocier.
Le moment est venu. La scène est prête. Les artistes
sont là. Les footballeurs aussi. Il ne manque plus qu’une chose : que chacun
comprenne qu’il ne joue plus seulement pour lui-même, mais pour une nation, un
continent, une histoire en devenir.
Et cette histoire commence par deux mots simples :
foot et musique. Portée par une vision politique claire et une communication
audacieuse, cette ambition commune s’élèvera en projet national ; et ce projet
fera de la Côte d’Ivoire une puissance incontournable, dont l’amour que nous
portions est devenu, jour après jour, une fierté indélébile.
Par MÉMOUAR D.
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