Pour
ceux qui pensent que la vérité est facultative …
Autrefois,
il fallait un minimum d’adresse pour mentir en politique. Une certaine élégance
dans le bobard. Un soupçon d’art oratoire, une pincée de théâtralité, et
surtout, une mémoire d’éléphant pour se rappeler ce qu’on avait promis... Mais
ça, c’était avant. Aujourd’hui, à l’ère de la VAR politique – Vidéo, Archives,
Réseaux – plus personne n’échappe au ralenti de ses propres contradictions.
Et pourtant, ils persistent. Têtus comme un bouc
devant un champ de manioc, les adeptes du « On ne réussit en politique que par
l’art de mentir » continuent de psalmodier leurs incantations d’un autre âge.
Pour eux, la vérité est un fardeau, l’honnêteté un luxe, et la promesse, une
simple figure de style.
Mais ils oublient ce que dit le proverbe africain :
« La bouche qui ment oublie, mais l’oreille qui écoute se souvient. »
Les
menteurs à l’ère du ralenti numérique
Aujourd’hui, il suffit d’un clic, d’une capture
d’écran, d’un vieux tweet pour mettre à nu le roi en costume de promesses. La
fameuse VAR citoyenne, impitoyable et sans filtre, exhibe leurs contradictions
comme un tailleur maladroit laisse voir les coutures.
Promis en 2016, oublié en 2017, démenti en 2018, et
recyclé en 2019. Voilà le cycle de vie du mensonge politique moderne. Mais,
comme le disait Confucius (qui aurait probablement été censuré sur certains
plateaux télé) : « L’homme honorable commence par se blâmer lui-même ; l’homme
sans honneur blâme les autres. »
Hélas, nos apprentis sorciers de la politique, peu
importe leur camp, eux, blâment la météo, l’adversaire, les ancêtres, le
mercure rétrograde, tout sauf leur propre incompétence.
Des
promesses plus légères que le vent
Ils promettent des universités où l’on ne trouve
même pas de bancs, des centres de santé sans infirmiers, des routes qui ne
mènent nulle part, et des logements pour tous qui ressemblent à des rêves en
carton. Puis ils montent sur les estrades, le menton haut, la langue bien
huilée : « C’est pour bientôt. »
Mais le peuple, lui, n’est pas dupe. Il connaît bien
cet autre proverbe : « Le mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en
un jour. »
Politique
ou théâtre d’ombres ?
Le problème, c’est que pour certains, la politique
n’est plus un service, mais un spectacle. On promet devant les caméras, on
trahit dans les salons climatisés, on pleure avec le peuple pendant le jour et
on danse avec ses bourreaux la nuit.
Comme le disait si bien Emmanuel Kant, ce vieux
monsieur qui n’avait ni Facebook ni TikTok mais qui réfléchissait beaucoup : «
Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi
universelle. » Si donc tous nos politiques se mettent à mentir, doit-on en
conclure que le mensonge est désormais la norme ? Devons-nous, nous aussi,
promettre à nos enfants une PlayStation quand on n’a même pas de courant à la
maison ?
Dans ce monde nôtre, il est évident que Socrate
aurait été interdit de débats publics pour « atteinte au moral des électeurs »
car il osait dire : « Le pouvoir ne devrait être confié qu’à ceux qui n’en
veulent pas. »
Mais de nos jours, plus tu mens avec assurance, plus
on te félicite. C’est la compétition du plus grand illusionniste : un concours
où même Harry Houdini aurait pris des notes.
L’éveil,
ou le vaccin contre la langue fourchue
Chers politiciens du faux, sachez-le : le peuple
change. Lentement, mais sûrement. Il lit, il partage, il compare. À l’ère de la
transparence numérique, le mensonge est un produit périssable. Et comme le dit
le vieux sage du village : « Le feu qui brûle le mensonge finit toujours par
éclairer la vérité.»
Le carton rouge
À l’ère de la VAR, le temps des mensonges sans
conséquences est révolu. La caméra du peuple est allumée, les micros sont
ouverts, et les oreilles sont bien dressées. Le mensonge politique est
désormais un sport à haut risque. Ceux qui s’y adonnent finiront expulsés du
terrain de la confiance, sous les huées de ceux qu’ils croyaient endormis. Car
le peuple est ce pouvoir endormi qui, lorsqu’il se réveille, ne demande pas
l’heure : il la donne.
Et pour ceux qui pensent encore que la vérité est un
obstacle à la réussite en politique, nous leur conseillons de méditer cette
citation d’Albert Schweitzer : « L’exemple n’est pas le meilleur moyen de
convaincre. C’est le seul. »
MEMOUAR D
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